Comment la raconter, cette histoire d'un voyage unique, d'une unique communion d'âmes, d'une existence si merveilleusement exaltée et spiritualisée ? Herman Hesse
Bloggueuse sur la plateforme Blog Emploi de Cadres Online dés décembre 2005, j'ai logiquement continué à écrire sur le net lorsque je suis partie 4 mois en Inde, en décembre 2006.
Seule avec mon sac sur le dos, j'ai eu un véritable coup de foudre pour ce pays où j'ai commencé par m'improviser photographe sur le plateau du tournage d'un film tibétain à Dharamsala avant de remplacer au pied levé un professeur de français malade pour une ONG locale, puis de découvrir la vie des maharadjahs au Rajasthan, de poser telle Lady Di devant le Taj Mahal, de célébrer Losar (le nouvel an tibétain) dans une famille du Sikkim, habillée d'une chupa (robe traditionnelle), de participer activement à une puja allant jusqu'à embrasser les pieds d'un gourou hindou, de me faire inviter à une procession nocturne avec des centaines de musulmans, d'arpenter les ghats de Varanasi, les faubourgs de Calcutta et le delta du Gange dans les Sunderbans à la recherche de tigres du Bengale, de paresser sur les plages de Goa et de rencontrer à Khajuraho (la ville des temples millénaires aux sculptures érotiques), mes amis Patel, Santosh, Amit et Dinesh avec qui je reste toujours en contact.
Suite à ce premier voyage, grâce aux votes des internautes, j'ai gagné le 3ème Prix Expédia Blog de Voyage 2007. Avec les 1000 euros du prix, je suis repartie en Inde. De retour sur les terres du tout est possible, j'ai débuté une carrière de figurante à Bollywood où j'ai côtoyé le jardinier de Desperate Housewives puis Danny Boyle sur le tournage de Slumdog Millionnaire. Dans le Karnataka et le Kerala, je suis montée sur le dos d'un éléphant, ai chanté Petit Papa Noël à la télévision indienne, ai prié la déesse de la prospérité un soir de pleine lune, pieds nus dans des rizières avec des indiens de l'ethnie des kodavas armés de poignards traditionnels, ai filmé la cérémonie religieuse d'un mariage (à la demande des époux) et ai sympathisé avec des musulmanes, adeptes de la burqa. A Mysore, j'ai tenté de fabriquer des bidis dans un atelier artisanal. Au Tamil Nadu, j'ai passé 24 heures dans un couvent avec 17 nonnes et "visité" à la demande d'une nonne vendéenne installée depuis plus de 50 ans en Inde, une léproserie où elle officiait. A Calcutta, j'ai dormi dans un palace (le Grand Oberoi) et ai assisté à un workshop d'une semaine au Satyajit Ray Film & Television Institute avec la crème des cinéastes documentaristes indiens. De retour dans les Sunderbans, j'ai recherché et trouvé un village où vivent de nombreuses veuves, partagé pendant une semaine le quotidien d'une famille, cuisiner un gratin dauphinois dans lequel j'ai dû ajouter des piments verts et tenu un discours improvisé devant 400 élèves à l'occasion des 60 ans de la mort de Gandhi.
Au printemps 2009, j'ai décidé de changer de destination et hop direction l'Asie du Sud-Est avec la Malaisie et la partie malaisienne de l'île de Bornéo. Initiée au snorkelling sur l'île de Tioman, j'ai découvert un nouveau monde, le monde sous-marin. A Bornéo, dans l'état du Sarawak, j'ai navigué sur les fleuves à bord de pirogues, dormi dans les fameuses maisons longues, bu des litres d'alcool de riz avec le chef d'un village tandis que des vieux se rappelaient des chants traditionnels oubliés, me suis baignée sur les plages désertes du Parc National de Bako et ai été sous perfusion toute une nuit dans un insalubre hôpital de province parce qu'on m'avait faussement diagnostiqué la dengue. A Kuching, je suis devenue pote avec des tatoueurs ibans, arrière-petits-fils de chasseurs de tête. A Belaga, j'ai découvert une jungle dense avec des orang-outans, des plantes carnivores, des abeilles tueuses, des araignées géantes et des serpents venimeux.
En novembre 2009, sur la route du Népal, je suis passée saluer mes amis à Khajuraho et aider le commis de cuisine de mon hôtel à choisir une épouse. Bref ! Je ne suis jamais allée au Népal mais ai visité tous les membres de leur famille dans les villages avoisinants poussant même jusqu'à Chitrakoot à l'occasion d'un pèlerinage où il fallait faire le tour d'une montagne sacrée avant de se baigner dans les eaux du Gange ainsi que dans l'Uttar Pradesh, au coeur d'un village où je serais la première occidentale à y avoir pénétrer. Lors du retour en France, halte technique de 24 heures au Bahrein grâce à Emirates Airlines : j'ai ainsi eu l'occasion de pisser dans les toilettes en marbre d'un luxueux centre commercial avant de boire un whisky dans une discothèque où des émirs enturbannés payaient des prostituées russes habillées en pom pom girls américaines.
Au printemps 2010, la Thaïlande et ses lagons turquoises m'ont donné le sentiment d'être dans un fond d'écran Microsoft. Au Laos, je me suis essayée au tubing, au karaoké et au filage du coton avec un rouet. Au Laos, j'ai été DJ au Rock Bar de Vang Vieng contre des bières gratuites, ai joué des parties de pétanques endiablées, fumé du tabac local roulé dans des feuilles de bananiers, recherché en vain un village où se distillerait du Lao Lao, traversé le Mékong sur un bac comme dans L'amant et grimpé une montagne 7 heures durant avec un groupe de femmes akha (un peuple tibéto-birman qui perpétue des rites ancestraux) pour passer une nuit dans leur village.
En hiver 2010-2011, nouvelle expérience à Bollywood où en qualité de figurante, j'ai pu observer sur les plateaux de tournage les plus grandes stars indiennes : Shah Rukh Khan, Hritik Roshan, Salman Khan, Kareena Kapoor, Katrina Kaif etc. J'ai même eu la chance de figurer la mère de Katrina Kaif dans un blockbuster indien sorti le 15 juillet 2011 et d'apparaître trois secondes dans une publicité Sprite ! Suite à ce mois rocambolesque à Bombay, j'ai passé les fêtes de fin d'année au Sri Lanka, les pieds dans l'Océan Indien. Au Sri Lanka, je me suis goinfrée de homard, ai découvert des bateaux de pêche traditionnels singuliers et descendu quelques verres d'alcool de riz avec les pêcheurs, écouté les locaux raconter le tsunami de décembre 2004, partagé le quotidien d'une expatriée française à Colombo et pour tout avouer, pas mal glandé à Hikkaduwa, Mirissa et Tangalle, les plages du Sud, seules régions qui n'étaient pas sous les inondations avant de m'envoler pour le Cambodge.
Au Cambodge, j'ai passé la première journée à pleurer suite à la visite du camp S21 et à la mesure de l'ampleur du génocide khmer. A Phnom Penh, j'ai fêté la Saint-Patrick avec la communauté expat', fait une soirée électro sur un bateau navigant sur le Mékong et dansé sur un podium dans un club local sur une version khmère de Poker Face de Lady Gaga. Dans le Mondolkiri, j'ai bu un coca dans un bar où un homme tuait un porcelet à coups de bâton sur la tête. Dans le Ratanakiri, j'ai fumé la pipe avec des femmes de l'ethnie kreung. A Siem Reap, j'ai admiré les temples de Angkor et plus particulièrement, le Bayon, à l'aube, seule. Sur l'île déserte de Ko Totang, j'ai expérimenté la Slow Life. A Chi Path, j'ai bossé pour Wildlife Alliance, une ONG américaine, mangé de la viande de chien accompagnée d'une sauce noix de cajou, bu du Jungle Juice, appris la danse traditionnelle khmère pour assurer lors des trois mariages auquel j'ai été invitée, pêché la crevette (de nuit), fait des virées dans la jungle à trois sur un scooter, me suis lavée à la khmère pendant plus d'un mois avant de m'envoler pour la Malaisie où de l'île de Tioman, je suis montée sur un bateau de pêcheurs pour rejoindre un pote originaire d'Alaska qui enseigne le kayak à de riches adolescents singapouriens sur l'île de Sibu en Mer de Chine.
Voilà, voilà... Merci de m'avoir lue et bienvenue sur Indorama, le blog où je tente de restituer au mieux ces incroyables histoires de voyage qui embellissent tant ma vie depuis 5 ans...
Céline aka Milega



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