Après 2000 ans d'histoire, en mai 1949, la Chine a envahi le Tibet. Le nouveau gouvernement communiste chinois décidait donc unilatéralement de "libérer la population tibétaine opprimée". Le parti arguait du passé commun des deux nations sous la férule de l'empire monghol alors que depuis 1642, le Tibet jouissait de son indépendance.
En 1959, âgé de 24 ans, craignant pour sa sécurité, Sa Saintete le 14ème Dalaï Lama (chef spirituel et politique) prit la décision de s'exiler et demanda l'asile politique en Inde.
Au-delà de l'oppression chinoise et bien qu'en 1989, le Dalaï-Lama ait recu le Prix Nobel de la Paix pour sa détermination à trouver un règlement pacifiste à cette annexion, le Tibet souffre d'une non-reconnaissance de la communauté internationale (il ne siège, par exemple, pas à l'ONU) et assiste impuissant à la singularisation de la Chine capitaliste qui enfreint pourtant ici les Droits de l'Homme les plus élémentaires.
Aujourd'hui, le Dalaï-Lama préconise une controversée solution intermédiaire, bien qu'il jouisse d'une popularité impressionnante, qui consisterait à faire du Tibet, une province autonome au sein de la Chine au prix d'un abandon consenti de son indépendance...
Les exilés que je côtoie, ici, ont une vie plus enviable (même si difficile) que celle de leur famille et amis restés au pays. Toutefois, par solidarité, je me dois de vous informer ce qu'au quotidien, signifie, pour 6 millions d'humains, le mot OPPRESSION.
En premier lieu, la Chine s'applique à éradiquer la culture tibétaine. 6000 monastères ont été detruits ; ceux qui tiennent encore debout se sont transformés, au choix en attractions touristiques, en camps pour l'armée chinoise ou en... toilettes publiques ! Au final, 75% du patrimoine culturel tibétain a d'ores et déjà disparu...
Par ailleurs, ces dernières années, le gouvernement chinois a encouragé l'immigration au Tibet. En 2006, le Tibet recense 6 millions de tibétains pour... 7.5 millions de chinois ! Bien évidemment, les immigrés bénéficient d'aides de l'Etat et d'un traitement préférentiel en matière d'éducation et d'accès à l'emploi. De plus en plus marginalisés sur leur propre terre, les tibétains souffrent, alors, d'exclusion économique, sociale et politique.
Le mandarin est, bien sûr, devenu la langue utilisée dans les écoles et universités, ce qui a pour conséquences directes de défavoriser les familles tibétains qui auraient la rare chance de pouvoir financer des études à leurs enfants.
Des "équipes de travail" ont ete envoyées dans les monastères afin de "rééduquer" les nonnes et moines bouddhistes. Entre 1996 et 1998, une effroyable répression a entraîné l'arrestation de 492 d'entre eux et en a vu près de 10000 expulsés de leurs institutions religieuses. A ce sujet, la Chine a récemment déclaré le Tibet "non bouddhiste". Lorsque je vois la ferveur et la dévotion des tibétains réfugiés envers Sa Sainteté le Dalaï Lama, je ne me pose même pas la question de savoir si le gouvernement chinois dit vrai...
En deuxième lieu, le Tibet occupe une position stratégique, au coeur de l'Asie, avec notamment sa frontière avec l'Inde. Le Tibet regorge également de ressources naturelles (or, uranium, chrome...) exploitées sans aucune attention prêtée à l'environnement. Ainsi, avec des plans de modernisation et de développement, 46% de la flore tibétaine a déjà été détruite.
La faune n'en est pas moins épargnée puisque la chasse a été relancée : 81 espèces sont actuellement en voie de disparition, dans cette région.
Et, the last but not the least... Bien que l'Inde et la Chine entretiennent actuellement de bonnes relations (surtout commerciales puisqu'à elles deux, elles recensent 40% de la population mondiale), le Tibet concentre 25% de l'activité nucléaire de la Chine. Pour l'anecdote, les colons chinois recoivent l'information de ne pas consommer l'eau locale...
Pour en savoir plus :



Ouf ! Bêta que je suis. Je découvre à l'instant qu'il y a une suite à ton "premier blog", j'trouvais aussi que trois mois cela allait être long... j'prends le temps de lire tout cela demain en long en large et en travers, mais vraiment, c'est la meilleure première bonne nouvelle de l'année... Courage, on est là, on te lit, on te suit... et on rêve aussi. Pour tout cela, merci ! BiZ' Le Mat
Rédigé par : Le Mat | 31 décembre 2006 à 18h34
Un peu hors sujet mais...
Bonne année :)
Rédigé par : kowalsky | 31 décembre 2006 à 21h20
Justement, il est d'usage de ouhaiter ses bons voeux chaque année qui commence, en nos contrées. Ce que je fais de tout coeur : bonne année voyageuse !
Mais qu'en est-il en Inde ? Ou dans les Indes multiples que le sous-continent recèle ?
Rédigé par : argoul | 01 janvier 2007 à 07h34
@ Le Mat : Si cela peut te rassurer, tu n'es pas le premier... J'attends tes commentaires avec impatience...
@ Kowalsky : Merci... a toi aussi ! :-)
@ Argoul : Bonne annee a vous Argoul ! Ma note suivante vous renseignera...
Rédigé par : Celine aka La Funambule | 02 janvier 2007 à 01h41